Geoffroy BOULARD, Maire du 17ème arrondissement et vice-président de la Métropole du Grand Paris a répondu aux questions du Journal du Grand Paris sur les aides et le soutien de la Métropole aux commerces de proximité.

Pourquoi la Métropole est-elle engagée aux côtés des commerçants de proximité ?

La métropole du Grand Paris a tenu à s’associer à la mobilisation massive des maires, tout comme l’Association des maires de France (AMF) et l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif), en rappelant qu’elle avait engagé, avec le dispositif “centres-villes vivants”, une enveloppe de 8,5 millions d’euros, auxquels allaient s’ajouter 10 millions de plus dans le cadre du plan de relance métropolitain, mis en place par le président Ollier il y a quelques semaines. Pour nous, il serait donc illogique et finalement inconcevable que le gouvernement ne revienne pas sur ce décret listant les activités autorisées à ouvrir.

Selon vous, la concertation avec les maires a-t-elle fait défaut ?

Nous regrettons, en effet, l’absence de concertation avec les associations d’élus préalablement à la publication de ce décret. Cela alors que l’on clame partout l’importance du couple préfet–maires, il y a eu, de toute évidence, quelques ratés dans la préparation de ce deuxième confinement. Nous constatons aujourd’hui une pression très forte des maires, tous soudés, toutes tendances confondues. La Métropole est à la fois en soutien derrière ces commerces et derrière les maires, qui les défendent parfois à bout de bras. La grande distribution, mais aussi l’essor de l’e-commerce, font aujourd’hui des ravages. Il est donc fondamental de soutenir aujourd’hui les commerces indépendants et de proximité.

Cela est-il compatible avec l’état d’urgence sanitaire et l’impératif de baisse des contaminations ?

Cela doit bien évidemment s’effectuer en cohérence avec les dispositions sanitaires. Nous demandons qu’une analyse soit effectuée commerce par commerce, afin que ne soient rouverts que ceux qui ne présentent pas de risque de propager l’épidémie. Des activités de click & collect, intégrant donc une commande en ligne et une livraison à domicile ou un retrait de commandes peuvent s’organiser sans rupture avec les gestes barrières. C’est notamment le cas pour les libraires, les fleuristes. Je rappelle que 2 000 des 14 000 fleuristes français ont disparu au cours des derniers mois. Et l’on va laisser la grande distribution commercialiser les fleurs et les sapins de Noël… C’est totalement illogique !

Nous ne remettons naturellement pas en cause le confinement. Certains prennent des arrêtés, qui seront sans doute déboutés. Mais les maires sont unanimes pour défendre la nécessité de se mettre autour d’une table, avec les élus locaux, mais aussi les représentants des filières professionnelles concernées. On ne peut pas tout rouvrir, c’est certain. Mais nous demandons une analyse fine de chaque situation. Les maires sont pragmatiques. Mais la Métropole voulait rappeler, qu’alors que l’on se bat pour sauver les centres-villes vivants, il serait incompréhensible de les laisser mourir quelques mois plus tard.